En 2018, 2 ans après le décès de Pat (Patrice Bret), j’ai écrit quelques lignes pour le FNSM afin de témoigner de l’importance d’abriter sa famille financièrement en cas de décès.
On se dit tous : « ça n’arrive qu’aux autres… »
Mon message s’adresse aux anciennes et nouvelles promos de guides, femmes et hommes !
Vous avez une activité professionnelle à passion et à risque, pensez à protéger votre famille. Cette démarche a un coût mais soulage tellement ceux qui restent.
Ce qui suit est le témoignage d’une maman solo, avec un point de vue purement financier (afin de vous faire prendre conscience et de vous convaincre de faire ce qu’il faut !).
10 ans…
Estéban a eu 10 ans il y a quelques mois, Jolan va avoir 16 ans et en août cela fera 10 ans que Pat est mort.
En tant que maman solo (et comme tout parent solo), il y a peu de temps de respiration, de « droit à souffler » et c’est d’autant plus vrai quand la famille est éloignée géographiquement.
On s’appuie alors sur les Ami(e)s, toujours présents, mais dans une certaine limite, ils ne sont pas non plus famille d’accueil.
Alors on paye, on paye une nounou pour aller chercher les enfants à l’école pour ne pas les laisser jusqu’à 18h30, on paye un/une baby-sitter un soir pour une réunion boulot tardive ou un séminaire, un autre pour juste aller boire un verre ou aller au cinéma.
On s’organise, on jongle avec les emplois du temps… on y passe de l’énergie et des sous.
J’ai eu des moments de grande solitude, seule sur mon tableau Excel, à estimer les dépenses à l’année (de l’assurance habitation aux vacances en passant par la voiture…) et les rentrées d’argent.
Celles-ci sont toujours beaucoup plus simples à calculer : salaires, aides CAF pour les parents solos, la prime d’activité et voilà !
D’ailleurs, merci encore au FNSM d’être encore présent 10 ans plus tard à la période de Noël pour les enfants !
J’adapte le train de vie mais, avec le temps qui passe, les dépenses glissent sur de nouveaux postes qui s’avèrent être de plus en plus lourds.
Du poste « dépense salariale – assistante maternelle et couches », je suis passée au poste « dépenses – activités sportives des enfants », de plus en plus coûteuses surtout dans nos montagnes.
Puis ce poste va basculer d’ici 2 ans pour Jolan à « dépenses – études post bac » et là il va falloir anticiper et s’adapter…
Bref, des dépenses !
Sans parler des petits travaux d’entretien, des mutuelles et prévoyance, des courses et autres coûts annexes qui ne cessent d’augmenter avec le coût de la vie !
Sans la Famille à mes côtés ce serait compliqué financièrement !
Pour conclure, 10 ans plus tard, alors que les « gens » pensent que le deuil est derrière nous, il nous reste en fait toute la réalité du quotidien qui nous rattrape et qui fait que finalement, le deuil ne se fait jamais complètement puisque cette précarité financière nous maintient dans le passé de l’autre toujours absent.
Pour pouvoir faire son deuil, il est indispensable que le contexte soit favorable et que si ça n’est pas anticipé, il n’est juste pas possible.
En tant que parent solo il faut être fort, on n’a pas le choix, on ne cesse de s’adapter…
Alors protégez-nous !
Renseignez-vous auprès du FNSM, lisez les témoignages et prenez les bonnes décisions !
Je profite de ces lignes pour remercier une fois de plus la Famille, les ami(e)s et bien sûr Sandrine et tous les membres actifs du FNSM !